histoire du manga

Le Manga s’exporte



Arrivée en Europe


Le manga arrive en France sous forme de dessins animés dans les années 70, période de vaches maigres pour les programmes télé jeunesse. Les productions européennes sont trop rares pour occuper leurs tranches horaires. Ils vont donc piocher dans la production japonaise qui est plus importante et plus variée et qui a déjà fait ses preuves… Ainsi Goldorak, Candy, Albator et Capitaine Flam vont faire un carton sur les chaînes nationales françaises suivis de près par Astro, le petit Robot et le Roi Léo de Tezuka.

Les chaînes privées ne seront pas en reste et dès les années 80, La Cinquième, Canal + et TF1 participeront à l’heure de gloire des dessins animés japonais dans l’Hexagone.

Malheureusement des erreurs de programmation vont entraîner la diffusion de séries non adaptées à la tranche d’âge des téléspectateurs, provoquant la fin de certaines émissions riches en animés japonais. Les fans vont donc se tourner vers d’autres supports comme le manga papier.



Bien que le manga se soit fait connaître en France via ces dessins animés, on ne peut réduire les raisons de son succès actuel à ces mêmes dessins animés. Les médias grand public ont souvent cantonné leur analyse à cet aspect, « mode des années 80 », alors qu’une grande partie des lecteurs aujourd’hui sont des adolescents qui n’ont jamais regardé le Club Dorothée, la Cinquième ou Récré A2.

En revanche, les lecteurs de manga des années 80 ont souvent tourné la page du manga adolescent pour une production plus adulte, qui fait aujourd’hui bel et bien partie du paysage éditorial manga.



Glénat, le pionnier du manga


C’est lors d’un voyage au Japon, en 1988, que Jacques Glénat, toujours à l’affût de nouveaux concepts dans l’univers de la BD, découvre le manga. Il ramène dans ses bagages une véritable bombe, dont les secousses se ressentent encore aujourd’hui : Akira, le chef-d’œuvre de Katsuhiro Otomo.



Les débuts sont difficiles : personne ne veut croire à cette BD venue d’Asie, au graphisme curieux et aux personnages aux pupilles trop dilatées. Le public ne comprend pas pourquoi les Japonais ne se dessinent pas avec des yeux bridés, le teint jaune, tels qu’Hergé les a représentés dans Le Lotus Bleu, sans réaliser que cette façon de voir est non seulement subjective, mais surtout incompréhensible pour un japonais…!



En 1990 Akira sort d’abord en kiosque sous forme de fascicule souple de 64 pages couleurs au prix de 2,50 €, en partenariat avec Libération et Europe 2, mais peine à trouver son public.

La même année, au deuxième salon BD de Grenoble, Otomo, venu spécialement du Japon, crée l’événement. Une exposition respectant l’ambiance de la série futuriste est également présentée. C’est la sortie du long-métrage en 1991 qui va changer radicalement la donne. Akira acquiert un statut de film « culte » et, le bouche à oreille aidant, la version cartonnée de ce manga obtient les faveurs du public et de la critique. Malgré les protestations d’un îlot de résistance anti-manga, Akira confirme l’éclatant rayonnement des artistes japonais et donne l’impulsion nécessaire pour que l’expérience soit renouvelée.

Au début des années 90, sur TF1, un petit garçon à queue de singe et haut comme trois pommes fait rêver toute une génération d’enfants. San Gokû, le héros de la série Dragon Ball, est à la fois fort, courageux, généreux et tellement naïf ; il devient la nouvelle coqueluche des cours de récré.



Là encore, si le dessin animé est un succès, Glénat prend un risque en éditant le manga dont ce dernier est tiré : on lui prédit la catastrophe. Les fans en décideront autrement. Ce projet, décisif pour les Éditions Glénat, annonce ainsi le développement des manga en France.

La sortie périodique des albums en librairie et la commercialisation mensuelle en kiosque de Dragon Ball vont permettre l’explosion des ventes de cette longue série qui va s’étaler sur plus de sept années.

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